Vosgiens célèbres: Nicolas Gilbert

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Pour commencer cette nouvelle rubrique des Vosgiens célèbres, j’aurais pu parler de Jeanne d’Arc ou Jules Ferry.
Bien que j’en parlerai puisque je tenterai de parler des Vosgiens célèbres connus ou méconnus, je m’attarde pour le premier billet de cette rubrique sur Nicolas Gilbert, et la raison n’est que purement liée au fait que j’ai lu le week-end dernier un poème intitulé « Les Vosges », et quoi que vous allez penser, n’est pas de ce personnage mais de François de Neufchateau.
Mais alors quel rapport avec ce personnage?
Dans l’un des strophes de ce poème, j’ai été intrigué pour le comprendre par la présence de ce nom, Gilbert, et des allusions faites par le poète François de Neufchateau.
Donc, qui est-il? Après diverses recherches sur le net, je ne peut que constater que cet homme est vosgien et mérite sa place dans cette rubrique qui au fil du temps parlera donc des « Vosgiens Célèbres ».
Nicolas-Joseph-Florent Gilbert, de sa vraie identité, est né le 15 décembre 1750 à Fontenoy-le-Château.
Eduqué par le prêtre jésuite du village de Fontenoy-la-Côte dont son père en est le maire, il apprend le latin pour poursuivre ses études de langues à Dole, au collège de l’Arc. On trouve sa trace à Nancy par la suite, en 1768, (année du décès de son père) où il fréquente durant un petit temps les cercles littéraires. « Il fréquente les salons de Darbès et ceux de du comte de Lupcourt et est reçu chez l’avocat Mandel. Il y fait ses débuts, avec un roman « persan », les Familles de Darius et d’Éridame ou Statira et Amestris (1770) et quelques pièces poétiques, dont son début poétique, composé de trois héroïdes et, entre plusieurs odes, le Jugement dernier (1773). »
Il monte ensuite à Paris, à la conquête d’une gloire qu’il ne trouvera, de manière posthume, qu’au XIXe siècle. Bien reçu par d’Alembert, auquel il est recommandé par Mme de la Verpillière, femme du prévôt des marchands de Lyon, il aurait sans doute été gagné au parti philosophique, comme son compatriote Saint-Lambert. Il en fut autrement ; Gilbert entra dans le clan des réactionnaires, au côté de Fréron, l’illustre directeur de L’Année littéraire, sans doute par rancÅ“ur envers le milieu littéraire parisien dans un premier temps. Grâce à la recommandation de Fréron, Gilbert obtint les faveurs de l’archevêché et plusieurs pensions, dont une du roi.
En 1775 paraît sa première pièce majeure, qui marque son temps. C’est une satire en vers, Le Dix-huitième siècle, qui donne la caricature féroce de son temps ; la philosophie y est le principe de la « chute des arts », de la « perte des mœurs ». Tout y est matière à charge — nous sommes bien dans une satire — : la bourgeoisie, la noblesse, le clergé libertin ; la littérature du moment y est passée au peigne fin. À la fin de la satire, le nom honni paraît enfin : Voltaire. Le Dix-huitième siècle est véritablement à sa parution, et pour reprendre une expression de Huysmans, « un météore dans le champ littéraire » de l’époque ; il n’est en effet pas vraiment de bon ton de se moquer de ceux qui sont à l’origine du Progrès, et pensionnés par les plus grandes têtes couronnées d’Europe. La critique se déchaîne, mais Grimm verra tout de même la marque d’un certain talent chez Gilbert. Vivement critiqué ou applaudi, il est indéniable qu’à partir de 1775, le jeune poète est une figure reconnue de la littérature en cette fin d’Ancien Régime.
Ce poète « maudit » commencera à faire fortune en écrivant de manière satirique. En 1776, notamment, sort une Diatribe sur les prix académiques, ayant toujours en tête ses échecs aux prix de l’Académie quelques années auparavant. Il fait publier en 1778 une défense de la satire, Mon apologie, dialogue en vers entre un philosophe nommé Psaphon, et Gilbert lui-même mis en scène ; c’est son deuxième succès du genre.
« Peu avant sa mort, il écrit une Ode inspirée de plusieurs psaumes, plus généralement connue sous le nom d’Adieux à la vie, un poème dont la thématique pré-romantique sera reprise par Alfred de Vigny dans Stello et Chatterton. »
Gilbert meurt le 16 novembre 1780, après une chute de cheval et à la suite de l’opération du trépan, à l’Hôtel-Dieu, à seulement 29 ans, « après avoir avalé une clé dans une crise de délire, anecdote qui, chargée pour beaucoup d’une très riche symbolique, vaudra par exemple à Toulet ce vers : Mourir comme Gilbert en avalant sa clé. »
Une statue de l’artiste est présente à Fontenoy-le-Château, mais il n’en demeure que cet homme aura marqué son temps et à la fois rejeté de son siècle, avec un certain nombre de légendes qui en ont fait un mythe. « Dès 1819, en effet, le Romantisme, en quête de figure tutélaire, reprend à son compte la part élégiaque de Gilbert. De Musset à Flaubert – qui est indéniablement Romantique par ses origines (cf. sa Correspondance), en passant par Vigny (il est l’une des trois figures emblématiques du Stello, avec Chatterton et Chénier), ou encore Charles Nodier (Nodier édite les Å’uvres complètes de Gilbert en 1826), tous reconnaissent l’influence certes mineure, mais bien présente, du poète dans leur inspiration, et l’âme du mouvement.
Le nom de Gilbert ne tombe définitivement dans l’oubli qu’à l’aube du xxe siècle, où le romantisme lui-même achève de tomber en désuétude. »
Donc, aujourd’hui, outre la statue à Fontenoy-le-Château sur la place du même nom, Epinal et Nancy ont une rue à son nom. Dans les catacombes de Paris, le Sarcophage du Lacrymatoire dit Tombeau de Gilbert porte sur son socle les vers célèbre du poète: « Au banquet de la vie infortuné convive, japparus un jour et je meurs…. »

Sources: wikipediaEcrivosgesUniversalis

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